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A visiter: le projet d'un couple qui a rompu avec la société de consommation

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Espace de résistance aux sommations de consommation
07-01-2010
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Ce premier janvier 2010, le dernier verrou a sauté.
Il y a d'abord eu celui du principe. On parle ici d'une époque que les moins de vingt ans n'ont pas connu.
Il y eut ensuite, après des années d'accoutumance progressive à des doses sans cesse croissantes, celui du financement d'émissions. Puis ce fut le tour de la désacralisation des fictions, limité dans un premier temps, pour que le déflorage ne soit pas trop saignant, aux séries télévisées. Et voilà que pour fêter 2010, les films passent à la casserole à leur tour. La pieuvre a insinué ses tentacules partout, il ne lui reste plus qu'à les faire gonfler, ce qu'elle ne se privera pas de faire, fidèle à sa raison d'être.

De quoi je parle? Mais de la publicité bien sûr, et de la capitulation de la RTBF face à ce cancer de l'esprit. Et pour couronner le tout, j'ai devant les yeux l'interview de la toute nouvelle présidente du conseil d'administration de la radio télévision belge, dans laquelle cette brave dame, interpellée sur la transformation des films en produits charcutiers, nous sort cette réponse de parfait petit soldat du système: "Ce n'est pas de gaieté de coeur, mais il y a un principe de réalité. On est confrontés à un plan d'économies avec 110 suppressions d'emplois. En tant que présidente du CA, j'assume totalement cet assouplissement des règles pour dégager de nouvelles recettes publicitaires. Mais il y a une limite. Ces nouvelles règles ne valent que jusqu'en 2012. Si on sort du plan d'économies, ces règles n'auront plus lieu d'être. Rien n'est irréversible."
Y a pas à dire, en voilà une qui a sa place en politique, je veux dire la politique politicienne, celle de la langue de bois et de l'art de justifier ses non-décisions par les sempiternels arguments du réalisme et de l'emploi. Qu'importe s'il s'agit de renier ses engagements et de tourner le dos au nouveau langage politique mis en avant par son parti. Ah oui, car au cas où vous ne le sauriez pas, cette brave dame est Ecolo. Elle a obtenu le poste, paraît-il - c'est dans l'article que j'ai sous les yeux - suite à un forcing de son parti. Je n'ose penser aux garanties qui ont été données pour que la candidate ne rue pas trop dans les brancards.
De deux choses l'une: soit elle nous prend pour des c..., soit elle croit vraiment à ses déclarations et c'est elle qui l'est. Car qui peut croire un instant que "Si on sort du plan d'économies, ces règles n'auront plus lieu d'être"? Les seules limites existantes sont celles que la pub n'a pas encore franchies. A chaque fois que l'une d'elle a sauté, les mêmes discours sont venus justifier les mêmes démissions face à l'arme ultime de la société de consommation, et chaque fois la nouvelle frontière n'a servi que le temps d'accoutumer les téléspectateurs à rendre leur cerveau un peu plus disponible au soda faiseur d'obèses.

Je donne raison sur un point à Madame la présidente: rien n'est irréversible. En 2012 il est très probable que les limites bougent à nouveau, mais je prends le pari que ce ne sera pas dans le sens qu'elle veut nous le faire croire. Pour ma part, j'arrête définitivement de regarder les fictions à la RTBF. Je n'ai jamais compris lhasacomment on pouvait accepter de se faire interrompre dans une histoire qui nous emporte hors du quotidien (sinon pourquoi la regarder?) par des slogans débiles nous incitant à consommer tout et n'importe quoi. C'est la raison pour laquelle je m'étais auto-limité à la réception de cette chaîne, une des seules à encore respecter les oeuvres cinématographiques. Je me contenterai dorénavant d'allumer la tv pour les infos et les quelques émissions de service public qui subsistent encore.

Avec l'annonce du décès de Lhasa de Sela, géniale auteur-compositeur-interprète québecoise morte ce 1er janvier d'un cancer du sein à l'âge de 37 ans, voilà une année qui démarre de façon bien triste, le pouce tourné vers le bas et le coeur en berne. Bonne année quand même!

07-01-2010, 18:20:08 LeScribe

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18-12-2009
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...La RTBF répond à la question

J'ai reçu hier soir la réponse à ma question sur les statistiques vues dans le reportage de la RTBF. Le journaliste m'écrit: "Dans le graphique présent dans le sujet, les émissions de CO2 produites par les entreprises hors du territoire (ou délocalisées) et les transferts pour importer des marchandises produites hors du pays n'ont pas été comptabilisées.
A ce titre, de très nombreux paramètres devraient être comptabilisés si l'on veut faire le compte de tout.
Les données sont ici par pays et des émissions du pays, produites dans le pays.
"

Je peux m'imaginer que de très nombreux paramètres peuvent intervenir dans le calcul des émissions de CO2. Le problème, c'est que le graphique servait de pièce maîtresse au reportage pour montrer combien l'Europe avait déjà commencé à combattre le réchauffement planétaire. Or il faut bien reconnaître qu'à la lumière de ces précisions (évidemment non exprimées dans le reportage), la crédibilité des chiffres cités en prend un coup. A moins qu'on considère qu'un des buts visés par les mesures anti-GES européennes soit de faire fuir les entreprises les plus polluantes. Alors là, d'accord, l'Europe est efficace. Je ne suis pas sûr que la planète y trouve son compte.
Le 18 novembre, dans un article intitulé "Les émissions de CO2 ont atteint un niveau record en 2008", Le Monde écrivait d'ailleurs: "Attention, toutefois, aux effets d'optique. Les statistiques nationales épluchées par les chercheurs rappellent un fait connu de longue date : les émissions des pays développés se sont pour une large part délocalisées dans les pays émergents. "Au Royaume-Uni, par exemple, les émissions du pays ont diminué de 5 % entre 1992 et 2004, tandis que les émissions fondées sur les biens consommés [en partie produits dans les pays du Sud] ont augmenté de 12 %", rappellent ainsi les chercheurs.". Ca fait une fameuse différence, et la prétendue efficacité de la croissance verte européenne en prend un coup. En passant, on peut remarquer qu'il n'est finalement pas si difficile que cela d'avoir une idée plus réaliste des émissions de CO2 d'un pays: il suffit de se baser sur la consommation du pays plutôt que sur sa production.

J'en profite pour apporter une petite correction aux chiffres que j'ai relativisés dans le reportage d'Euronews sur les intentions de réduction des GES d'ici 2020. Pour être tout-à-fait précis, les pourcentages de réduction doivent être calculés sur le PIB final, ce qui donne, pour une croissance annuelle de 2% et une réduction en 2020 de 24% des émissions par unité de PIB:
(124,3-100) - (124,3*0,243) = -5,9.
Dans cette équation, 100 est le PIB en 2009 et 124,3 celui atteint après 11 ans de croissance à 2%. La première parenthèse représente l'augmentation des émissions de GES dûe à la croissance et la deuxième, la diminution de 24% réalisée en 2020. Lorsque l'Europe annonce son intention de réduire de 24% ses émissions de CO2 en 11 ans, il faut donc comprendre qu'elle les réduira effectivement d'un petit 6%, pour autant qu'elle se contente d'une croissance annuelle de 2% sur ce laps de temps. Avec un taux de croissance de 3%, le PIB passerait à 138,4...

Le hasard pouvant bien faire les choses, l'émission de France Inter Là-bas si j'y suis vient de faire une petite excursion dans l'imposture durable. Ecoutez-là, elle est croquignolette.

18-12-2009, 19:26:12 LeScribe

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15-12-2009
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Tout écologiste qui se respecte envisage la diminution des quantités de déchets avant leur recyclage, les économies d'énergie avant le développement des énergies renouvelables, une meilleure répartition des terres cultivables et la diminution de la consommation de viande plutôt que l'utilisation des ogm pour nourrir le monde.

Aujourd'hui l'humanité produit annuellement plus de déchets que de céréales, le nucléaire se présente comme indispensable pour éviter de remettre en cause notre consommation effrenée d'énergie, et la faim touche un milliard de personnes sur terre.

Le constat s'impose: un système basé sur la croissance exponentielle de biens matériels produit toujours plus de déchets et consomme toujours plus d'énergie que les améliorations de rendement ne peuvent en épargner. Les réductions de déchets, de consommations de matières et d'émissions de gaz à effet de serre s'avèrent impossible à réaliser dans l'absolu car tout gain de productivité, toute amélioration des performances d'une machine est toujours dépassé par l'accroissement de la production, et donc un accroissement de la consommation de matières premières et d'énergie et de la production de déchets.
Les nanotechnologies en offrent un exemple frappant: lorsqu'elles ont commencé à être évoquées, elles furent présentées comme un énorme espoir de pouvoir réduire de façon significative l'utilisation de matières premières dans toute une série de domaines. Aujourd'hui, alors que leur utilisation se généralise – largement à l'insu des citoyens -, on attend toujours de pouvoir constater que la demande en matières premières amorce un fléchissement grâce à elles. Cela aurait pourtant bien pu être le cas si les efforts s'étaient concentrés en ce sens.

bateau-bbq2Pour masquer cette réalité, toute production se pare aujourd'hui du label écologique, évitant soigneusement de mettre en relation son utilité avec le coût énergétique de sa fabrication, de son utilisation et de son (re-)recyclage. Toute multinationale, aussi néfastes soient ses produits, se construit une image verte à grands renforts de publicités (polluantes) et de sponsoring d'événements sportifs ou culturels labellisés écologiques. Les problèmes environnementaux deviennent eux-mêmes sources de nouveaux marchés, dont l'exploitation répond à la logique du profit avant celle de l'écologie. La culpabilisation du citoyen se fait tous azimuts, le principal étant qu'il continue à faire confiance au Marché pour trouver les solutions.

Aujourd'hui que la Terre tousse, que les déchets et les méduses remplacent les poissons dans les océans, que la faim dans le monde ne cesse de progresser et que plusieurs matières premières se font rares, n'est-il pas temps de se demander comment sortir de ce cercle vicieux? N'apparaît-il pas comme évident que les coûts engendrés par notre société de consommation sont aujourd'hui devenus supérieurs aux bénéfices qu'on en retire, et que si nous voulons éviter que les pays émergents ne s'engagent à leur tour dans le même mode de consommation insoutenable, la première chose à faire est de remettre en question le modèle de société que nous imposons au monde?

Post scriptum: A ce jour, pas de réponse de la RTBF autre qu'un accusé de réception à mon mail du 8 décembre. Je viens de leur envoyer un petit rappel...

15-12-2009, 19:06:10 LeScribe

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